16 jours que trois salariés grecs ont décidé d'une grève de la faim.
16 jours de lutte pour obtenir leurs contrats de travail, leurs bulletins de paie, leurs salaires,
et leur détermination ne faiblit pas !
Pendant ce temps AKER produit une charte de « bonne conduite » soumise à ses sous-traitants.
Pourtant, les conflits avec les entreprises sous-traitantes de la construction navale qui emploient des travailleurs de nationalités diverses se multiplient : les Indiens au temps du Queen Mary, les Polonais, les Grecs, les Bulgares aujourd'hui.
Tous ces salariés, sous des formes différentes, agissent, cessent le travail, exigent le paiement d'heures effectuées non payées, se font licencier, se retrouvent du jour au lendemain sans employeur, sans salaire. I1 y a deux ans une dizaine d'inspecteurs du travail avaient relevé plusieurs dizaines d'infractions sur le site des chantiers ; des procès verbaux furent transmis à la justice. Ils sont toujours en instruction à ce jour.
La société ELBE qui emploie les salariés grecs a déjà été condamnée en août 2007 pour délit de marchandage. Aujourd'hui, on voudrait nous faire croire que le tribunal des prud'hommes saisi en référé pourrait trancher cette affaire et permettre aux salariés de faire valoir leur bon droit. On peut fortement en douter. Mais, de toute façon, la décision d'aller ou non devant les prud'hommes appartient aux syndicats et salariés.
Le Parti Communiste n'est pas favorable à la forme d'action que les salariés grecs ont choisie, car elle met leur vie en danger. Mais cette grève de la faim révèle leur désespoir et nous ne pouvons que respecter leur choix. Conscients des risques liés à cette forme d'action, Nikos, Léonidas et Boris ont estimé que c'était le seul moyen de faire entendre leur voix.
La solidarité se manifeste autour de ces salariés grecs. Elle doit encore s'amplifier, car il s'agit bien d'un débat qui concerne l'ensemble du monde du travail : celui d'employer une main-d'œuvre attachée aux conventions du pays d'origine en concurrence avec les salariés de droit français.
C'est la fameuse directive BOLKENSTEIN, que nous avons sortie par la porte au moment du référendum et qui pointe son nez à la fenêtre ! Et pourquoi, se disent les patrons, obtenir un jugement qui pourrait faire jurisprudence ?
Le cœur du problème, c'est bien l'utilisation de la main-d'œuvre la moins chère payée et la plus flexible possible afin de dégager un maximum de marge financière pour satisfaire exclusivement les besoins du capital financier et des actionnaires.
AKER YARDS construit sans doute de magnifiques navires, mais nous ne pouvons pas accepter que ce soit à ce prix. Cet esclavagisme des temps modernes est intolérable !
Le Parti Communiste a toujours soutenu l'idée qu'une industrie navale forte, répondant aux défis de notre temps, avait de l'avenir quand 85% du transport des marchandises se fait par voie maritime. Et qu'elle avait tout à gagner à bénéficier du savoir-faire et des compétences d'un personnel bien formé et bien payé.
Derrière notre soutien aux trois salariés en lutte, il y a l'exigence d'une industrie qui peut se développer, se diversifier en construisant différents types de navire. Il y a aussi l'exigence du respect des conditions de travail, du niveau des rémunérations qui ne peuvent et ne doivent en aucun cas profiter de l'exploitation de travailleurs venant de pays où les salaires, les conditions d'existence sont sans comparaison avec le droit du travail et les conventions collectives françaises.
AKER YARDS doit impérativement mettre en œuvre sur le site un dispositif permettant de contrôler la nature et l'existence des contrats de travail, les temps de travail réellement effectués, la validité des bulletins de paie et le versement aux organismes sociaux. Toutes ces obligations relèvent du donneur d'ordre de premier rang : c'est sa responsabilité. Il ne peut constamment se défiler !
L'écran de fumée que tente aujourd'hui d'installer la direction d'Aker, les pouvoirs publics et certains partis politiques en présentant le référé prud'homal comme la seule solution pour sortir de cette situation ne peut pas nous faire oublier que, jusqu'à aujourd'hui, tous les procès-verbaux d'infractions constatées sur le site ont été classés sans suite.
Le Parti Communiste apporte son soutien aux salariés grecs, aujourd'hui comme il l'a fait hier avec les INDIENS, les POLONAIS, les BULGARES... qui tous ont dénoncé avec leurs moyens des conditions de travail et de rémunération d'un autre temps.
C'est aux « montages exotiques » inventés par les patrons voyous qu'il faut s'attaquer. Ce sont ceux qui nous gouvernent qu'il faut interpeller pour qu'ils mettent définitivement hors la loi ces pratiques indignes des négriers des temps modernes qui règnent dans la construction navale, le bâtiment, la restauration... Assez de cynisme, d'effets d'annonce, de belles déclarations : des actes, tout de suite !
La vie de trois hommes en dépend.
Derniers Commentaires