Mardi 15 avril 2008

Conseil municipal du 11 avril 2008

VOTE DU BUDGET PRIMITIF 2008

 

 


Monsieur le maire,

chers collègues,

 

Le vote annuel du budget primitif est toujours une séquence politique forte. Elle nécessite que nous comprenions les enjeux du présent pour mieux anticiper et répondre aux défis de l'avenir car les réponses qu'on y apporte font souvent la différence entre des choix budgétaires de gauche et des choix budgétaires de droite.

 

Ce budget, c'est le premier budget du mandat qui s'ouvre, et à ce titre, il revêt un caractère particulier : celui d'exprimer la continuité des politiques de développement, des politiques de solidarité, des politiques du logement menées par nos prédécesseurs, tout en marquant l'évolution nécessaire pour répondre aux nouvelles attentes de nos concitoyens. Je tiens à préciser que le PGD4 que nous voterons à la fin de l'année tiendra aussi compte des messages adressés par les électeurs.

 

Chacun ici doit mesurer les enjeux auxquels ce budget répond et le contexte dans lequel il sera exécuté.

 

Le contexte international lié à la crise des subprimes a été évoqué en introduction à la présentation de ce budget, je n'y reviens pas trop longuement. Mais je tiens à en souligner les conséquences sur question importante : celle du logement. Les banques vont durcir les conditions de crédits, elles seront davantage sélectives. Le Gouverneur de la Banque de France a reconnut lui-même que l'accès au crédit immobilier est actuellement plus difficile pour les particuliers.

 

Ce sont bien les ménages les plus modestes qui auront plus de mal à se loger et à acquérir un bien. Notre responsabilité est de continuer à mener une politique du logement déterminée en faveur des ménages aux revenus modestes, en faveur des primo accédant, en faveur des  jeunes dont l'autonomie est une condition de leur émancipation, en faveur des salariés qui souhaitent vivre prés de leur lieu de travail car c'est une condition de leur maintien dans l'emploi.

 

Pour mener cette politique et construire 800 logements par an comme nous en avons pris l'engagement devant les nazairiens, nous avons besoin d'une véritable stratégie foncière. A ce titre, le niveau d'investissement prévu à hauteur de 3 millions dans ce budget 2008 va totalement dans ce sens. Nous nous en félicitons.

 

L'autre élément de contexte pour apprécier la portée de ce budget 2008, c'est bien sûr la situation économique de la France. Cette situation nous la jugeons particulièrement inquiétante. La politique menée par le gouvernement Sarkozy/Fillon depuis presque un an a conduit la France dans le mur : creusement de la dette, des comptes sociaux, baisse de la croissance. A l'évidence, la présentation des 166 mesures d'économies dans les dépenses publiques est le premier volet du plan de rigueur prévu par la droite. Ces économies toucheront en premier lieu les dépenses sociales. C'est proprement scandaleux !

 

Jusqu'à quand faudra-t-il payer le cadeau fiscal de 15 milliards d'euros fait aux plus riches l'été dernier ? Jusqu'à quand faudra-t-il accepter que les dotations de l'État aux collectivités locales ne compensent jamais les transferts de charges et de compétences ?

 

Comment ne pas rappeler que la baisse des moyens affectés à l'éducation (272 postes d'enseignants supprimés dans l'académie), à la recherche, à la sécurité (il manque toujours 23 agents de police au commissariat de Saint-Nazaire), à la justice (départ du pôle d'instruction du tribunal), ces coupes budgétaires toucheront d'abord les conditions de vie et le pouvoir d'achat des plus modestes ? Moins de service public, c'est plus de dépenses pour les ménages.

 

Mesure après mesure, ce gouvernement détricote les mécanismes collectifs de protection sociale et renvoie chaque citoyen à sa responsabilité individuelle devant la maladie, le chômage, le handicap. Les collectivités locales n'ont pas vocation à se substituer à l'État, mais en maintenant un haut niveau de financement du CCAS dans le budget 2008, cette démarche est conforme à nos engagements en faveur des plus précaires et des personnes âgées.

 

A Saint-Nazaire, depuis de nombreuses années, la majorité de gauche a fait le choix de l'exploitation de services publics en régie directe. Ce choix politique qui se traduit, bien sûr, dans notre budget à la fois en investissement et en fonctionnement, nous permet d'offrir des services de qualité à tarifs modérés.

 

J'en viens naturellement maintenant à la situation locale. Le plan de charge d'Aker Yards est plein jusqu'en 2010, mais il faudra rapidement de nouvelles commandes. La reprise de l'Usine Ville par Latécoère porte en germe des perspectives de développement à moyen terme, mais il faudra s'assurer que les engagements pris seront tenus. L'ouverture prochaine de Ruban bleu va dynamiser notre cité. Le besoin élevé de main d'oeuvre est le signe d'un tissu industriel performant mais il convient de l'accompagner car il reste fragile.

 

L'impact de ces éléments sur la vie et la qualité de notre cité est pris en compte dans le budget de la ville. Le sont également les attentes de nos concitoyens en matière d'entretien des bâtiments, de proximité, d'investissements dans les domaines de la culture et du sport, et d'espaces publics de qualité, à l'image de l'aménagement du front du mer et de la construction aux normes HQE du groupe scolaire de Saint-Marc. Je tiens à mettre en évidence le choix budgétaire que nous faisons de consacrer une somme importante au renouvellement complet du parc informatique dans les écoles d'ici à juin 2008. C'était une demande récurrente, nous y avons répondu.

 

Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement sont maîtrisés, et je tiens à mettre en avant le choix que nous faisons de maintenir la pression fiscale bien en dessous de l'inflation.

 

Ce budget illustre les choix que nous faisons depuis de nombreuses années :

l       rendre notre ville plus attractive en maintenant un haut niveau d'investissement

l       favoriser le développement urbain par une maîtrise foncière exigeante pour construire des logements de qualité et économes en énergie accessibles à tous

l       poursuivre une politique ambitieuse en matière de solidarité et d'insertion

l       maîtriser l'évolution de notre fiscalité et continuer à diminuer notre endettement

 

Ces choix nous les revendiquons, ces choix nous les assumons. Ils sont la traduction des valeurs que nous défendons.

 

C'est sur ces bases que les élus socialistes approuvent les propositions qui nous sont faites en matière de fiscalité et qu'ils votent l'ensemble du budget primitif 2008 tel qu'il nous est présenté.

 

 

par C. Cotta, porte parole du groupe socialiste commentaires (0)    ajouter un commentaire

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